24e Congrès International sur la Thrombose (Mai 2016) (publié le 21/09/2016)

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Le 24e Congrès International sur la Thrombose organisé par l’EMLTD (European and Mediterranean League against Thromboembolic Diseases) s’est tenu à Istanbul du 4 au 7 Mai 2016. Il a réuni des cliniciens et des biologistes des différents pays méditerranéens et de certains pays européens ou autres. Il a été victime de la situation internationale et des attentats récents survenus en Europe et au Moyen Orient (dont en Turquie) et des annulations d’orateurs et de modérateurs ont été enregistrées. Néanmoins, un programme intéressant a pu être maintenu grâce à la collaboration des participants qui ont parfois remplacé les absents.

Des séances ont été consacrées à la mémoire de plusieurs personnalités disparues récemment qui ont grandement contribué à la Ligue Méditerranéenne : les Professeurs Oran Ulutin et Meyer-Michel Samama. Leurs carrières ont été retracées et deux salles portaient leurs noms. La contribution du Docteur Jose Antonio Iriarte a également été soulignée.

Parmi les nombreuses communications présentées, deux sont rapportées ici :

  • John Griffin de San Diego (USA) a fait un exposé sur les effets de la Protéine C (PC) sur l’hémostase et en dehors de l’hémostase. La PC, une fois activée (APC) par la thrombine, en présence de thrombomoduline, a une action anticoagulante et le déficit congénital est un facteur de risque de thrombose veineuse. Ces effets sur la coagulation ont été d’abord étudiés entre 1976 et 2002. Depuis 2003, des effets anti-inflammatoires et cytoprotecteurs, sur la barrière endothéliale en particulier, ont été démontrés avec 2 objectifs privilégiés : un effet neuroprotecteur et un autre contre la mort par irradiation corporelle totale. Des variants de PC ont été préparés. Le variant APC 3K3A décrit par Mosnier et Griffin en 2004 a une activité anticoagulante réduite mais une activité cytoprotectrice similaire à celle de l’APC sauvage. L’essai RHAPSODY en cours étudie la tolérance, la pharmacocinétique et l’efficacité préliminaire de doses croissantes d’APC 3K3A dans l’accident ischémique cérébral (AIC) après traitement par le t-PA, la thrombectomie mécanique ou les deux. Des variants de PC (APC 36-39) ayant un effet anticoagulant réduit (pour limiter le risque de saignement) ont été administrés avec le t-PA à des souris ayant un infarctus cérébral. Les résultats ont été très encourageants : diminution de la zone de l’infarctus et de l’œdème et diminution du risque de saignement lié au t-PA (Andreou AP et al, 2015). Ainsi des variants de l’APC sans activité anticoagulante, utilisés à des doses appropriées, pourraient améliorer le traitement de l’AIC en diminuant le risque de saignement
    L’action de l’APC sur les conséquences des radiations ionisantes a été montrée chez des souris mortellement irradiées (Geigr H, Nat Med, 2012). Son administration 24h après l’exposition aux radiations a permis une réduction de la mortalité avec accélération de la récupération de l’activité des progéniteurs hématopoiétiques. Des recherches sont en cours pour identifier des mutants assurant la meilleure radioprotection chez l’animal et pouvant être transférés à l’homme. Le récepteur endothélial de la protéine C (EPCR) est exprimé par les cellules souches de la moelle. L’EPCR/PAR-1 (protease-activated receptor-1) qui a des actions anticoagulantes et anti-inflammatoires et pourrait faciliter la repopulation de la moelle en cellules souches, la survie et la résistance aux chimiothérapies en diminuant la production de NO (Gur-Cohen S, 2016). Deux mutants de PAR-1 ayant des effets différents : soit anti-inflammatoire (Arg41), soit cytoprotecteur (Arg46) sont actuellement en cours d’étude.
     
  • Jawed Fareed (Chicago, USA) et Y. Yao (Ronnsi Pharma Co, Chine) ont rapporté des résultats concernant la préparation d’héparines d’origine ovine. L’héparine non fractionnée et les héparines de bas poids moléculaire sont actuellement obtenues dans 90% des cas à partir d’intestin de porc en provenance d’un très petit nombre de fabricants chinois (80 % des cas). En 2008, la Food and Drug Administration (FDA) américaine avait émis une alerte concernant une contamination des héparines d’origine chinoise après administration d’héparine sodique par voie intraveineuse. Les héparines incriminées avaient été retirées des marchés américains et européens et la FDA avait demandé la recherche d’alternatives à ces héparines : héparines d’origines différentes, héparine biosynthétique, héparine orale. Les héparines de mouton constituent une alternative et une énoxaparine a également été préparée à partir d’héparine de mouton. Les poids moléculaires, l’activité spécifique par méthode anticoagulante ou amidolytique, la liaison à l’héparine de ces héparines de mouton ont été comparés à ceux des héparines d’origine bovine et les résultats sont similaires. L’apparition d’anticorps a été recherchée et en particulier la recherche de thrombopénie induite par ces héparines ne semble pas différente mais des études complémentaires sont probablement nécessaires.
    Des héparines d’origine ovine sont actuellement produites essentiellement en Chine, mais aussi en Australie, et l’Iran et le Pakistan sont intéressés. Ces héparines seraient une alternative aux héparines d’origine porcine dans les pays musulmans.
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