Système d’avertissement des médecins cliniciens pour prévenir la MTEV chez les patients hospitalisés. (publié le 03/06/2009)

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Rédacteur(s) :

groupe GITA

Publication : 

Piazza G, Rosenbaum EJ, Pendergast W et al. Physician alerts to prevent symptomatic venous thromboembolism in hospitalized patients. Circulation 2009 ; 119 : 2196-2201. 

Pour les abonnés au journal, article in extenso disponible ICI


Résumé
Contexte et objectif. La thromboprophylaxie est encore sous-utilisée en milieu hospitalier. Cette vaste étude, multicentrique, randomisée contrôlée a été menée afin de savoir si avertir le praticien en charge du patient de l’existence d’un risque élevé de maladie thrombo-embolique veineuse permettait de réduire l’incidence des événements thromboemboliques veineux symptomatiques.
Méthodes. L’étude a été menée dans 25 centres. Un score quantifié et validé a permis de discriminer les patients à haut risque de MTEV et ne recevant pas de thromboprophylaxie inclus dans cette étude. Le groupe intervention était constitué de patients dont le médecin responsable était averti par un autre membre du staff hospitalier ; dans le groupe contrôle, aucune alerte n’était transmise.
Le critère principal de jugement était la survenue dans les 90 jours d’un événement thromboembolique veineux symptomatique objectivement confirmé.
Résultats. Les 2 493 patients de l’étude (dont 82 % issus de services de médecine) ont été randomisés soit dans le groupe intervention (n = 1 238), soit dans le groupe contrôle (n = 1 255). Les patients dont le médecin responsable avait été averti avaient plus de 2 fois plus de chance de recevoir une thromboprophylaxie que les témoins (46,0 % versus 20,6 % ; p < 0,0001). Le taux d’ETV symptomatiques était plus bas dans le groupe intervention, sans que cette différence n’atteigne le seuil de significativité statistique :  (2,7 % versus 3,4 % ; hazard ratio = 0,79; IC95 % ; 0,50 – 1,25). Les taux de saignements majeurs à 30 jours étaient équivalents dans les deux groupes : 2,1 % versus 2,3 % ; p = 0,68).
Conclusions. Une stratégie basée sur la notification directe au médecin responsable par un autre membre du staff hospitalier augmente la prescription de la thromboprophylaxie et tend à diminuer le taux d’ETV symptomatiques chez les patients hospitalisés. Cependant, la thromboprophylaxie est toujours sous-utilisée, même après que le médecin ait été averti, tout particulièrement en milieu médical.

Commentaires
L’alerte électronique proposée en 2005 par l’équipe de Kucher et Goldhaber (cf article GITA) avait soulevé un grand intérêt. Dans le présent travail, les auteurs ont essayé de valider une méthode par information directe du médecin, sans l’aide d’un logiciel. Les résultats obtenus mettent en évidence une supériorité de la méthode électronique sur la méthode d’information par message écrit envoyé sur le bip des médecins. Toutefois, comme mentionné par les auteurs, la population étudiée est un peu particulière, puisque plus de 70 % des malades sont atteints de cancer, ce qui n’est pas représentatif de la population habituelle d’un service de médecine interne.
À noter : Le logiciel d’aide à la décision assistée par ordinateur « Décision Matrix » sera prochainement réédité en français et en anglais – Nouvelle version disponible en juin prochain pour PC et Mac.

Mots clés : MTEV - Maladie thromboembolique veineuse - Maladie thrombo-embolique veineuse - Thrombose veineuse profonde - TVP - Embolie Pulmonaire - EP - Thromboprophylaxie - Cancer - Alerte.
 

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