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 La troponine peu discriminante pour établir le pronostic d’une embolie pumonaire aiguë (publié le 20/05/2010) |
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Publication : Jimenez D., Uresandi F, Otero R. et al. Troponin - Based risk stratification of patients with acute noninvasive pulmonary embolism – Systematic review and metaanalysis -
Chest 2009 ; 136 : 974-82
Pour les abonnés au journal, article in extenso disponible ICI
Résumé
Contexte. L’intérêt du dosage du taux plasmatique de troponine pour estimer le risque présenté par des patients atteints d’embolie pulmonaire (EP) aiguë est sujet à controverse. Partant de ce constat, les auteurs ont effectué une revue systématique des données publiées dans la littérature entre 1980 et avril 2008, conduisant à une méta-analyse visant à évaluer l’intérêt pronostique de ce dosage chez des patients normotendus présentant des symptômes aigus d’EP.
Méthodologie. Les auteurs ont pris en compte les études qui cherchaient à établir une relation entre les niveaux de troponine et la mortalité - toutes causes confondues - chez des patients normotendus présentant une EP aiguë ; sur 596 publications ainsi identifiées, seulement 9 études comprenant 1366 patients normotendus avec des symptômes aigus d’EP non massive ont été éligibles.
Résultats. Les résultats ont montré que le taux élevé de troponine était associé à une augmentation de la mortalité globale avec un odds ratio égal à 4,26 (IC 95 % = 2,13 à 8,50). L’analyse des courbes confirme une relation de cause à effet entre la sensibilité et la spécificité des niveaux de troponine dans la prédiction de la mortalité globale. Aucun biais de publication n’a été relevé.
Conclusion. Considérés dans leur ensemble, les résultats de cette méta-analyse montrent néanmoins que les taux élevés de troponine ne constituent pas un signe biologique assez discriminant pour permettre de distinguer - parmi les formes aiguës d’EP présentées par des patients normotendus - celles qui sont susceptibles de mettre en jeu le pronostic vital.
Commentaire du Pr Guy Meyer (Service de pneumologie, Hôpital européen Georges Pompidou, Paris)
Cette étude confirme les résultats de deux méta-analyses qui avaient déjà montré que l’élévation de troponine est associée à une augmentation de mortalité chez des patients atteints d’embolie pulmonaire. Elle confirme également que cette augmentation de risque existe même pour les malades qui n’ont pas de signe clinique de choc. La pertinence clinique de ce résultat est limitée par la faible valeur prédictive positive d’une élévation de la troponine dans ce contexte. Cette augmentation de risque justifie-t-elle une intensification thérapeutique ? Là est la question. De plus, cette méta-analyse repose sur des études qui présentent un certain nombre de limites méthodologiques : elles sont le plus souvent monocentriques, le dosage de troponine est le plus souvent communiqué aux investigateurs dont il peut modifier l’attitude thérapeutique et les facteurs confondants ne sont habituellement pas pris en compte ; enfin, les seuils utilisés pour définir une augmentation du marqueur sont variables d’une étude à l’autre.
Mots-clés : Embolie pulmonaire – diagnostic biologique – troponine
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