La prévalence et la corrélation entre l’athérosclérose accélérée et le lupus erythematosus disséminé (publié le 05/03/2004)

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Rédacteur(s) :

G. Gerotziafas

Publication : 

Prevalence and correlates of accelerated atherosclerosis in systemic lupus erythematosus. Roman MJ, Shanker BA, Davis A, Lockshin MD, Sammaritano L, Simantov R, Crow MK, Schwartz JE, Paget SA, Devereux RB, Salmon JE. N Engl J Med 2003 ; 349 : 2399
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Résumé
Le lupus érythèmateux disséminé (LED) est associé à l’apparition précoce d’infarctus du myocarde. Cependant, chez les patients atteints d’un LED, la prévalence de lésions athérosclérotiques sous-jacentes et la relation entre l’athérosclérose, les facteurs de risque cardiovasculaire considérés comme traditionnels et des facteurs de risque inhérents à la maladie lupique ne sont pas étudiés.
Au total 197 patients atteints de lupus et 197 témoins ont eu une exploration par écho-doppler carotidien et échocardiographie. La présence des facteurs de risque cardiovasculaire, des signes cliniques, des éléments sérologiques, des médiateurs de l’inflammation ainsi que le type de traitement sont analysés.
Les deux groupes étudiés ont des facteurs de risque cardiovasculaire comparables. Cependant, les lésions athérosclérotiques au niveau des carotides (plaques) sont plus fréquentes chez les patients que chez les témoins (37,1 % versus 15,2 %, P<0,001). L’analyse multi-variée révèle principalement que l’âge le plus avancé, la présence du LED (odds ratio 4,8, IC95 % 2,6-8,7) et un taux de cholestérol élevé sont corrélés de manière indépendante à la présence d’une plaque d’athérome.
Les patients ayant une plaque d’athérome sont plus âgés avec une plus longue durée d'évolution de la maladie par rapport aux patients sans plaque. De plus, les patients atteints d’athérosclérose ont des lésions plus importantes associées avec la maladie lupique. Ces patients ont une probabilité diminuée d’avoir des anticorps multiples ou d’être traités par prednisone, cyclophosphamide ou hydroxychloroquine. En outre, selon l’analyse multi-variée, une durée plus longue de la maladie, des valeurs élevées de l’index lésionnel, une faible fréquence de traitement par cyclophosphamide et l’absence d'anticorps anti-Smith sont des facteurs prédictifs indépendants de la présence d’une plaque d’athérome chez les patients atteints de LED.
L’athérosclérose survient plus précocement chez les patients atteints d’un LED. Dans ce contexte, l’apparition des lésions d’athérosclérose est indépendante de la présence de facteurs de risque cardiovasculaire classiques. Le profil clinique des patients atteints d’un LED et d’une athérosclérose suggère que les facteurs liés à la maladie sont étroitement impliqués dansl’athérogenèse. Donc, il paraît nécessaire de faire des études cliniques pour déterminer le rôle potentiel d'un traitement anti-inflammatoire plus ciblé.

Commentaires
Cette étude cas–témoins montre que la prévalence d’athérosclérose est significativement plus importante chez les patients atteints d’un lupus érythèmateux disséminé. De plus, cette étude permet de distinguer deux formes cliniques du LED. Dans la première forme, le LED est moins agressif, avec une production limitée d'auto-anticorps et une fréquence élevée de lésions athéroscléreuses.
La deuxième forme est caractérisée par la présence d’un large spectre d’auto-anticorps, l’administration d’un traitement immunosuppresseur plus agressif et une présence moindre de lésions d’athérosclérose. Il faut souligner que dans la population des patients atteints de LED, l’impact des facteurs de risque cardiovasculaire semble moins important par rapport à ceux liés à la maladie lupique. Un autre point important concerne les marqueurs d’inflammation (i.e. la protéine C-reactive, l’interleukine 6, le TNF, le ligand CD40, les molécules intracellulaires d’adhésion ainsi que les molécules d’adhésion des cellules vasculaires) qui ont une valeur prédictive importante pour l’athérosclérose dans la population générale et qui perdent leur puissance prédictive en cas de LED. Cette étude aborde un aspect pratique, puisqu’elle montre que le traitement immunosuppresseur diminue le risque d’athérosclérose. Cette observation renforce la complexité de l'implication de la réaction inflammatoire dans l’athérogenèse.




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